Publié le 15 mai 2024

Vos machines sont à l’arrêt par manque de personnel ? Le PTET n’est pas une file d’attente à subir, mais une procédure stratégique à maîtriser pour recruter en urgence.

  • La clé est la « documentation proactive » : vous devez prouver la pénurie, pas juste l’affirmer.
  • Une offre d’emploi se gagne sur les avantages non-salariaux et un projet de vie, pas seulement sur le taux horaire.

Recommandation : Abandonnez la posture du demandeur passif. Adoptez une approche de recruteur stratégique qui anticipe chaque exigence pour blinder votre dossier EIMT et réduire les délais.

Vos machines sont à l’arrêt. Chaque jour qui passe sans opérateur qualifié est une perte sèche pour votre entreprise. Vous avez tout essayé sur le marché local, sans succès. Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) semble être la seule solution, mais les échos de délais interminables, de rejets pour des détails administratifs et de complexité bureaucratique vous découragent. On vous a probablement dit qu’il faut s’armer de patience, que le processus est long et qu’il n’y a pas de raccourci. Cette attente passive est un luxe que vous ne pouvez plus vous permettre.

Mais si la véritable clé n’était pas la patience, mais la stratégie ? Si, au lieu de subir les délais, vous pouviez activement les réduire en traitant votre demande d’Étude d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT) non pas comme une formalité administrative, mais comme un dossier d’affaires stratégique ? L’erreur la plus commune est de voir le PTET comme une simple procédure à suivre. La bonne approche est de le considérer comme un argumentaire à construire. Il ne s’agit pas de demander la permission d’embaucher, mais de démontrer, preuves à l’appui, que c’est la seule option viable pour la survie de votre production.

Cet article n’est pas un résumé des guides gouvernementaux. C’est un plan d’action de consultant, conçu pour le chef d’entreprise désespéré. Nous allons déconstruire les points de friction qui causent 90% des retards et des rejets. Vous apprendrez à documenter vos efforts de recrutement de manière irréfutable, à « chasser » les candidats pour prouver la pénurie, à structurer une offre compétitive sans faire exploser votre masse salariale et à choisir les bons corridors d’immigration pour gagner de précieuses semaines.

Pour naviguer efficacement à travers ces stratégies, cet article est structuré pour répondre de manière ciblée à chaque goulot d’étranglement du processus. Le sommaire ci-dessous vous guidera vers les solutions concrètes dont vous avez besoin maintenant.

Pourquoi votre demande d’EIMT est-elle rejetée pour des détails d’affichage de poste ?

Le motif de rejet le plus fréquent et le plus frustrant pour une EIMT est lié aux « efforts de recrutement insuffisants ». L’agent d’immigration ne juge pas votre bonne foi, il évalue la qualité de vos preuves. Un simple affichage sur Guichet Emplois (Placement en ligne) ne suffit plus. Vous devez construire un dossier de « diligence raisonnable » qui démontre de manière irréfutable que vous avez retourné chaque pierre du marché local, sans succès. Chaque annonce, chaque entrevue, chaque refus doit être documenté méticuleusement. L’objectif n’est pas de simplement cocher des cases, mais de blinder votre dossier contre toute interprétation négative. Une documentation faible ou incomplète est une invitation au rejet.

Considérez cette phase non pas comme une contrainte, mais comme la fondation de votre argumentaire. Vous devez prouver une chose : la pénurie pour votre poste spécifique, dans votre région, est bien réelle. Pour ce faire, une approche méthodique est nécessaire. Il faut suivre les directives d’affichage à la lettre, mais surtout, les dépasser en diversifiant vos canaux et en conservant une trace de tout.

Plan d’action : Votre checklist anti-rejet pour l’affichage de poste

  1. Affichage obligatoire : Maintenez l’offre d’emploi active sur la plateforme Placement en ligne de Services Québec pour une durée minimale et continue de 28 jours avant de soumettre votre demande d’EIMT.
  2. Diversification des canaux : Publiez l’offre sur au moins deux autres plateformes pertinentes pour votre industrie. Pensez aux sites d’emploi spécialisés (ex: Jobillico, Indeed), aux journaux locaux ou aux publications d’associations sectorielles.
  3. Clarification des exigences : Séparez de manière explicite les « exigences du poste » (non-négociables, ex: diplôme, certification de soudeur) des « atouts » (souhaitables, ex: bilinguisme, connaissance d’un logiciel spécifique). Un candidat ne peut être écarté que sur la base des exigences essentielles.
  4. Documentation des candidatures : Tenez un registre détaillé de chaque candidature reçue. Pour chaque candidat canadien ou résident permanent non retenu, notez précisément la ou les exigences essentielles non satisfaites.
  5. Conservation des preuves : Archivez tout. Conservez des captures d’écran datées de chaque annonce, les factures des publications payantes, les CV reçus et votre registre de suivi. Ce dossier sera votre meilleure défense.

En adoptant cette rigueur dès le départ, vous transformez une obligation administrative en un puissant outil stratégique qui accélère l’évaluation de votre dossier.

Comment chasser des candidats passifs sur LinkedIn sans payer de recruteur externe ?

L’affichage passif d’une offre d’emploi est une stratégie d’attente. Dans un contexte d’urgence, vous devez passer en mode « chasse ». LinkedIn est votre meilleur terrain de jeu, même sans compte Recruiter coûteux. Votre objectif est double : trouver des candidats potentiels ET documenter la pénurie de main-d’œuvre de manière active. Chaque message sans réponse est une preuve supplémentaire pour votre dossier EIMT. Cette démarche proactive démontre à l’agent d’IRCC que non seulement personne ne postule, mais que même les candidats qualifiés que vous sollicitez directement ne sont pas disponibles ou intéressés.

Professionnel RH utilisant LinkedIn pour documenter ses recherches de candidats au Québec

Cette approche transforme votre fil d’actualité LinkedIn en un outil de documentation. Utilisez la recherche avancée pour cibler des profils précis : des machinistes québécois expatriés en Alberta, des soudeurs formés au Québec mais travaillant en France. Votre message d’approche doit être personnalisé, présentant non pas un « poste » mais un « projet de carrière ». Mettez en avant la stabilité, les avantages non-salariaux et la possibilité d’un retour au Québec. Chaque interaction, ou absence d’interaction, devient une pièce à conviction.

Stratégie de chasse et de documentation sur LinkedIn :

  • Documentez chaque approche : Faites une capture d’écran horodatée de chaque message InMail ou de demande de connexion personnalisée que vous envoyez à un candidat potentiel.
  • Ciblez les expatriés : Utilisez les filtres de recherche pour trouver des citoyens canadiens ou résidents permanents avec les compétences recherchées qui travaillent actuellement hors du Québec. Une non-réponse de leur part est une preuve puissante.
  • Tenez un registre : Créez un tableau simple listant le nom du candidat, le lien vers son profil, la date de contact et le résultat (pas de réponse, refus, etc.). Visez un minimum de 30 tentatives documentées.
  • Vendez un projet : Dans vos messages, parlez du plan de carrière, de la culture d’entreprise, et si applicable, de l’accompagnement potentiel vers la résidence permanente pour les travailleurs étrangers.
  • Compilez le dossier : Regroupez toutes ces preuves (captures d’écran, registre) dans un document intitulé « Annexe : Efforts de recrutement proactifs ». Ce document, ajouté à votre demande d’EIMT, fait une énorme différence.

En agissant ainsi, vous ne cherchez plus seulement un candidat ; vous construisez un argumentaire solide qui justifie le besoin d’aller chercher des talents à l’international.

Tunisie, Philippines ou Brésil : quel pays cible pour vos soudeurs et machinistes ?

Le choix du pays où vous concentrez vos efforts de recrutement n’est pas anodin ; c’est une décision stratégique qui a un impact direct sur les délais. Certains pays bénéficient d’accords de mobilité, de bassins de talents francophones ou de processus de traitement des visas plus rapides pour le Canada. Pour des postes techniques comme soudeur ou machiniste, cibler des régions où la formation est reconnue et où la barrière linguistique est moindre peut considérablement accélérer les choses. La maîtrise du français, par exemple, est un atout majeur non seulement pour l’intégration mais aussi pour la rapidité du traitement du Certificat d’Acceptation du Québec (CAQ).

Les données officielles sont claires : la francophonie est un accélérateur. En effet, près de 40% des EIMT positives au Québec en 2024 concernaient des travailleurs issus de pays francophones comme la Tunisie, la France ou le Maroc. Cibler ces régions vous donne un avantage compétitif en termes de délais de traitement. Cependant, d’autres pays comme le Brésil ou les Philippines offrent d’excellents bassins de compétences techniques, bien que les délais puissent être légèrement plus longs et que l’anglais soit la langue de travail principale.

Le tableau suivant offre une vue d’ensemble pour vous aider à orienter votre stratégie de recrutement international de manière éclairée.

Comparaison des délais et avantages par pays d’origine pour le recrutement
Pays Délais moyens permis travail Avantage linguistique Programmes spécifiques
Tunisie 8-12 semaines Maîtrise du français (CAQ plus rapide) Entente de mobilité francophone
Philippines 16-20 semaines Anglais principalement Programme des travailleurs agricoles saisonniers (si applicable)
Brésil 12-16 semaines Variable Accord de sécurité sociale avec le Canada

En définitive, aligner votre besoin en compétences avec les réalités géopolitiques et administratives de l’immigration est une des clés pour réduire l’attente.

L’erreur d’augmenter les salaires d’embauche sans ajuster ceux des anciens employés

Dans la course pour attirer de nouveaux talents, une erreur coûteuse et souvent négligée est de proposer un salaire élevé au nouvel arrivant (étranger ou local) sans réévaluer la rémunération de vos employés actuels occupant des postes similaires. C’est ce qu’on appelle la compression salariale. Non seulement cela crée un sentiment d’injustice et démotive vos équipes en place, mais c’est aussi un signal d’alarme majeur pour un agent d’immigration évaluant votre demande d’EIMT. L’un des critères fondamentaux de l’EIMT est que l’embauche d’un travailleur étranger ne doit pas avoir d’effet négatif sur le marché du travail local. Payer un nouveau venu significativement plus cher qu’un employé d’expérience est une distorsion directe de ce principe.

L’agent vérifiera que le salaire offert au travailleur étranger est cohérent avec la structure salariale de votre entreprise pour un poste et une expérience équivalents. Si vous offrez 35$/h à un machiniste étranger alors que vos machinistes avec 5 ans d’expérience sont à 31$/h, votre demande risque fort d’être rejetée. La solution n’est pas de sous-payer le travailleur étranger, mais de faire preuve de transparence et d’équité interne. Vous devez être capable de présenter une grille salariale cohérente qui justifie le salaire offert.

Étude de Cas : Comment une PME de la Montérégie a évité le rejet de son EIMT

Une entreprise québécoise du secteur de l’électronique (120 employés) faisait face à un besoin urgent de techniciens. Pour attirer les meilleurs, elle a été tentée d’offrir un salaire supérieur à sa grille interne. Consciente du risque, elle a plutôt pris le temps de revoir sa structure salariale globale. Lors de sa demande d’EIMT en novembre 2024, l’entreprise a soumis une grille salariale détaillée et mise à jour, démontrant que le salaire proposé au travailleur étranger correspondait précisément au nouveau palier pour les employés locaux ayant un niveau d’expérience similaire. Résultat : l’EIMT a été approuvée sans délai, l’agent ayant souligné la clarté et l’équité de la démarche, évitant ainsi tout soupçon de « distorsion du marché local ».

Avant d’embaucher à l’international, faites un audit de vos salaires internes. Un petit ajustement préventif peut vous sauver des mois de retard et préserver le moral de vos troupes.

Quand commencer la recherche de logement pour vos travailleurs arrivant de l’étranger ?

Le permis de travail est approuvé. C’est une victoire, mais la course n’est pas terminée. L’un des aspects les plus critiques et souvent sous-estimés est la recherche de logement. Un travailleur qui arrive sans solution de logement stable est un travailleur stressé, moins productif et plus susceptible de quitter son emploi. La recherche doit commencer dès que vous recevez la lettre d’approbation du permis de travail, soit plusieurs semaines avant l’arrivée physique du travailleur au Québec.

Le marché locatif québécois peut être extrêmement tendu, surtout dans certaines régions et à certaines périodes de l’année. Un nouvel arrivant, sans historique de crédit canadien ni références locales, part avec un désavantage considérable. En tant qu’employeur, votre implication est un facteur de succès déterminant. Cela ne signifie pas que vous devez devenir agent immobilier, mais vous devez agir comme un facilitateur. Votre rôle est de fournir des options, de rassurer les propriétaires et de proposer une solution temporaire à l’arrivée.

Voici un plan d’action réaliste :

  1. Solution temporaire (1er mois) : La priorité est de sécuriser un logement pour les 2 à 4 premières semaines. Un Airbnb, une résidence hôtelière ou une chambre louée peuvent offrir la stabilité nécessaire pour que le travailleur puisse commencer son emploi sereinement et chercher un logement permanent sans pression.
  2. Accompagnement à la recherche : Fournissez une liste de ressources fiables (Kijiji, Facebook Marketplace, sites immobiliers locaux) mais aussi des mises en garde contre les arnaques fréquentes (demandes de dépôt sans visite, etc.). Aidez à la prise de rendez-vous pour les visites.
  3. Lettre de recommandation de l’employeur : Rédigez une lettre confirmant l’emploi, le salaire et la stabilité du poste du travailleur. Cet engagement de votre part peut être l’élément qui convaincra un propriétaire hésitant.
  4. Mobilisation des équipes : Parfois, la meilleure solution se trouve au sein de votre propre entreprise. Informez vos employés de l’arrivée d’un nouveau collègue ; l’un d’eux connaît peut-être un logement qui se libère.

Un travailleur bien logé est un travailleur qui peut se concentrer à 100% sur son travail et s’investir durablement dans votre entreprise.

Comment envoyer vos techniciens installer une machine aux USA sans visa complexe ?

Votre entreprise vend une machine à un client américain et vous devez y envoyer votre meilleur technicien québécois pour superviser l’installation. La première idée est souvent de penser à un visa de travail complexe comme le H-1B, un processus long et coûteux. C’est une erreur. Pour ce type de mission ponctuelle, il existe une option beaucoup plus simple : le statut de visiteur d’affaires (B-1). Un citoyen canadien n’a généralement pas besoin de demander un visa B-1 à l’avance et peut solliciter l’entrée sous ce statut directement au port d’entrée (aéroport ou frontière terrestre).

Cependant, la nuance est capitale et le non-respect des règles peut entraîner un refus d’entrée et des conséquences graves pour vos voyages futurs. Sous le statut B-1, votre technicien peut se livrer à des activités commerciales, mais il ne peut absolument pas exercer un « travail » ou une « main-d’œuvre qualifiée ou non qualifiée ». La distinction est subtile mais stricte. Il n’a pas le droit de prendre les outils lui-même.

Ce qui est permis sous le statut B-1 (visiteur d’affaires) :

  • Superviser et former : Il peut superviser l’équipe d’installation locale du client américain et les former sur le fonctionnement de la machine.
  • Négocier des contrats : Il peut rencontrer des clients, négocier des ventes ou discuter de services après-vente.
  • Assister à des conférences : Participer à des salons professionnels ou des conférences de l’industrie.
  • Consulter des partenaires : Rencontrer des associés d’affaires ou des avocats.

Ce qui est formellement interdit :

  • Prendre les outils : Il ne peut pas physiquement assembler, visser, souder ou installer la machine. C’est considéré comme du travail.
  • Être payé par une source américaine : Sa rémunération doit provenir exclusivement de votre entreprise canadienne.

Pour que le passage à la frontière se fasse sans encombre, votre technicien doit avoir sur lui une lettre de l’entreprise détaillant la nature de sa visite (supervision et formation), la durée du séjour, la confirmation que son salaire est payé par l’entité canadienne, et les coordonnées du client américain.

En respectant scrupuleusement ce cadre, vous pouvez déployer vos experts aux États-Unis de manière rapide et légale, sans vous engager dans des procédures de visa de travail inutiles.

Pourquoi votre offre d’emploi est ignorée par 90% des candidats qualifiés ?

Vous avez rédigé une offre d’emploi pour un soudeur ou un machiniste, détaillant les tâches, les compétences requises et le salaire. Vous l’avez publiée sur plusieurs plateformes, et pourtant, les candidatures qualifiées se font rares, voire inexistantes. Le problème n’est souvent pas le salaire (même s’il compte), mais le fait que votre offre est rédigée comme une simple « description de poste » alors qu’un candidat étranger qualifié recherche un « projet de vie ». Il ne quitte pas son pays, sa famille et ses repères pour un simple emploi. Il cherche la sécurité, la stabilité et un avenir.

Votre offre d’emploi est votre premier outil de marketing. Elle doit répondre aux questions implicites et aux angoisses d’un candidat international. Un candidat qui lit votre offre depuis la Tunisie ou le Brésil se pose des questions que vous ne soupçonnez peut-être pas : Où vais-je vivre ? Ma famille pourra-t-elle me rejoindre ? Pourrai-je un jour devenir résident permanent ? Est-ce une entreprise qui m’aidera dans les démarches administratives complexes ? Si votre offre ne contient aucun élément de réponse, elle sera perçue comme n’importe quelle autre offre locale et sera donc ignorée.

Pour transformer votre offre d’emploi en un aimant à talents internationaux, vous devez y intégrer des éléments de réassurance et de projection :

  • Le « Corridor d’Immigration » : Mentionnez explicitement que votre entreprise est prête à accompagner le candidat retenu dans ses démarches pour la résidence permanente après une certaine période. C’est l’argument le plus puissant.
  • L’accueil et l’intégration : Précisez que vous offrez un soutien pour la recherche de logement, l’ouverture d’un compte bancaire ou l’inscription des enfants à l’école. Même si l’aide est simple, le fait de le mentionner change tout.
  • La famille d’abord : Indiquez si le conjoint du travailleur pourra obtenir un permis de travail ouvert. C’est un avantage majeur qui peut faire pencher la balance.
  • Parlez de la vie, pas juste du travail : Ajoutez quelques lignes sur la qualité de vie dans votre région, les activités, les écoles. Vendez le projet de vie, pas seulement le poste.

En enrichissant votre offre avec ces éléments, vous ne postulez plus pour un employé ; vous proposez un partenariat pour construire un avenir, ce qui est infiniment plus attractif.

À retenir

  • Documentez pour prouver, pas pour archiver : Chaque effort de recrutement local doit être méticuleusement documenté pour construire un dossier EIMT irréfutable.
  • La compensation non-salariale bat le salaire brut : Un plan de carrière, l’aide à l’immigration et la flexibilité horaire ont souvent plus de valeur qu’une augmentation de quelques dollars de l’heure.
  • Le choix du pays d’origine est un levier de temps : Cibler des pays francophones ou avec des accords de mobilité peut réduire significativement les délais de traitement des permis.

Comment recruter des techniciens spécialisés quand vos concurrents offrent 5$ de plus l’heure ?

C’est la réalité brutale du marché : pour des postes en haute demande comme machiniste CNC ou soudeur haute pression, vous êtes en concurrence directe avec des entreprises qui ont peut-être les moyens d’offrir un salaire supérieur. Tenter de gagner cette guerre des enchères est souvent une stratégie perdante qui met à mal votre structure salariale. La solution n’est pas de surenchérir, mais de changer les règles du jeu. Vous devez construire une offre de valeur globale qui rend le facteur « salaire horaire » moins décisif.

Un candidat, surtout un travailleur étranger, évalue une offre dans sa totalité. L’argent est important, mais la sécurité, la stabilité, le projet de carrière et le bien-être de sa famille le sont tout autant, voire plus. C’est sur ces terrains que vous pouvez et devez vous démarquer. N’oubliez pas que vous, l’employeur, investissez déjà une somme non négligeable pour faire venir ce talent. En effet, le coût total des frais gouvernementaux pour une EIMT et un CAQ s’élève à 1 444 $ CAN en 2024, une somme entièrement à votre charge. Mettez cet investissement en valeur en le complétant par des avantages non-monétaires qui créent une offre irrésistible.

Stratégies de compensation non-salariale pour battre la concurrence :

  • Offrir le « Corridor vers la Résidence Permanente » : C’est votre arme la plus puissante. Proposez un accompagnement juridique et financier complet pour les démarches de résidence permanente après 1 ou 2 ans de service. Cet avantage a une valeur perçue (et réelle) de plus de 10 000 $.
  • Financer la francisation : Pour les travailleurs non-francophones, proposez de financer un programme de francisation, en payant les heures de cours comme des heures de travail. C’est un investissement dans leur intégration et leur avenir au Québec.
  • Proposer la semaine de 4 jours : Offrir un meilleur équilibre vie pro/vie perso avec une semaine de travail condensée (ex: 4x10h) peut être bien plus attractif qu’un salaire légèrement supérieur.
  • Inclure la famille dans les avantages : Mettez en avant le permis de travail ouvert pour le conjoint et la gratuité du système scolaire pour les enfants. Ce sont des avantages concrets qui pèsent lourd dans la décision.
  • Garantir un plan de carrière : Présentez un plan clair sur 3 ans avec des paliers de formation, des augmentations de responsabilités et des augmentations salariales programmées et garanties.

Cette approche change la conversation. Pour comprendre comment structurer une offre compétitive sans vous ruiner, concentrez-vous sur la valeur globale de votre proposition.

Pour mettre en pratique ces conseils et bâtir une stratégie de recrutement international qui répond à votre urgence, l’étape suivante consiste à évaluer précisément votre situation et à construire un dossier EIMT blindé. N’attendez plus que les candidats viennent à vous ; allez les chercher avec une offre qu’ils ne pourront pas refuser.

Questions fréquentes sur le recrutement via le PTET au Québec

Rédigé par Jean-François Morissette, CRHA et consultant senior en développement organisationnel et santé-sécurité au travail (SST). Spécialiste des relations de travail et de la gestion des talents en contexte de pénurie de main-d'œuvre.