Publié le 22 novembre 2024

Pour remporter un contrat public majeur au Québec, la course au plus bas soumissionnaire est une stratégie obsolète. La clé du succès réside désormais dans la démonstration d’une maîtrise supérieure du risque. En prouvant votre capacité à gérer les risques techniques, financiers et opérationnels, vous construisez une proposition de valeur qui justifie un prix plus élevé et positionne votre entreprise comme le partenaire le plus fiable pour le donneur d’ordre.

Pour tout entrepreneur en construction ou en génie civil au Québec, perdre un appel d’offres public après des semaines de travail acharné est une expérience frustrante. La croyance populaire veut que le facteur décisif soit presque toujours le prix, forçant les entreprises dans une spirale de marges réduites pour espérer l’emporter. Cette course vers le bas, en plus d’être financièrement périlleuse, occulte une transformation profonde des marchés publics québécois, particulièrement pour les projets d’infrastructure complexes.

La réalité est que les donneurs d’ordre publics, comme la Société québécoise des infrastructures (SQI) ou le ministère des Transports (MTQ), sont de plus en plus évalués sur leur capacité à livrer des projets dans les temps et les budgets, en minimisant les surprises. Mais si la véritable clé pour gagner n’était plus de soumettre le prix le plus bas, mais de présenter l’offre la plus sûre ? Si le facteur gagnant était votre capacité à identifier, quantifier et maîtriser les risques mieux que vos concurrents ?

Cet article propose un changement de paradigme. Au lieu de vous concentrer sur la réduction des coûts, nous allons analyser comment construire une soumission qui démontre une maîtrise absolue du risque. Nous verrons comment la qualité technique est devenue prépondérante, comment sécuriser le financement nécessaire, choisir le bon mode contractuel et, surtout, comment une documentation irréprochable devient votre meilleure police d’assurance. C’est en devenant l’expert de la gestion du risque que vous deviendrez le choix logique, même sans être le moins cher.

Cet article détaille les stratégies et les mécanismes administratifs essentiels pour vous positionner comme le soumissionnaire le plus crédible. Explorez les sections suivantes pour comprendre comment transformer chaque exigence contractuelle en une opportunité de démontrer votre supériorité stratégique.

Pourquoi la qualité technique compte pour 70% de la note dans les contrats complexes ?

L’époque où le prix était le seul arbitre des contrats publics est révolue, surtout pour les projets d’infrastructure d’envergure. Les donneurs d’ordre québécois ont compris qu’un projet moins cher à l’achat peut coûter une fortune en retards, en extras et en problèmes techniques. La nouvelle doctrine est claire : la maîtrise du risque technique prime. Une proposition de valeur technique solide démontre que vous avez non seulement compris le besoin, mais que vous avez anticipé les obstacles et que vous possédez l’intelligence de projet pour les surmonter. C’est un signal puissant envoyé au comité de sélection : choisir votre firme, c’est choisir la tranquillité d’esprit.

Ce changement est officialisé par des organismes comme la Société québécoise des infrastructures (SQI). Une réforme récente de ses critères d’évaluation pour les services professionnels illustre parfaitement cette tendance. Comme le rapporte l’Association des architectes en pratique privée du Québec, la nouvelle grille d’évaluation déployée progressivement par la SQI diminue le poids relatif au soumissionnaire au profit de l’équipe dédiée au projet. Le message est clair : l’expertise et la cohésion de l’équipe que vous proposez pour ce mandat précis sont plus importantes que la renommée générale de votre firme. La pondération accordée au chargé de projet seul peut atteindre 20% de la note technique, évaluant son expérience, mais aussi ses habiletés et sa disponibilité.

Équipe d'ingénierie collaborative travaillant sur un modèle 3D de projet d'infrastructure

Comme cette équipe collaborative le démontre, la valeur ne réside plus seulement dans les projets passés, mais dans la capacité à modéliser, anticiper et résoudre les défis du projet futur. La SQI a d’ailleurs retiré les exigences restrictives sur la nature ou la période des projets de référence, vous permettant de présenter les mandats les plus pertinents pour prouver votre expertise. Votre dossier de soumission doit donc devenir une démonstration stratégique, mettant en scène les compétences spécifiques de votre équipe et leur adéquation parfaite avec les défis du contrat. Ne listez pas des projets, racontez comment votre équipe a résolu des problèmes similaires.

Comment obtenir un cautionnement de 50 millions $CAD quand on est une PME en croissance ?

Pour une PME du secteur de la construction, l’accès aux grands contrats d’infrastructure se heurte souvent à un obstacle de taille : le cautionnement. Exiger une garantie de soumission et d’exécution pouvant atteindre des dizaines de millions de dollars n’est pas une simple formalité administrative. Du point de vue du donneur d’ordre, c’est la preuve ultime de votre robustesse financière et de votre capacité à mener le projet à terme, même en cas de difficultés. Pour une PME en croissance, dont le bilan n’a pas encore la profondeur d’un géant du secteur, obtenir un tel cautionnement relève du défi stratégique.

Les institutions financières traditionnelles et les assureurs en cautionnement évaluent le risque sur la base de vos états financiers, de votre carnet de commandes et de votre historique. Une croissance rapide, paradoxalement, peut jouer contre vous en tendant votre fonds de roulement. La solution ne se trouve donc pas toujours dans les canaux classiques, mais dans des structures de financement alternatives et un renforcement de votre capital-actions. C’est ici que l’écosystème financier québécois offre des opportunités uniques.

L’émergence de fonds d’investissement dédiés aux PME québécoises change la donne. Par exemple, un nouveau fonds de 250 millions, MontClerc Capital, a été créé par des familles d’entrepreneurs pour soutenir la croissance. Avec un ticket d’investissement de 20 à 40 millions en participation minoritaire, ce type de partenaire peut injecter le capital nécessaire pour solidifier votre bilan. Le fait qu’Investissement Québec soit partenaire de ce fonds à hauteur de 50 millions envoie un signal de crédibilité fort. Se doter d’un tel partenaire ne vous donne pas seulement les moyens financiers; cela valide votre plan d’affaires et votre potentiel de croissance auprès des assureurs en cautionnement, qui seront bien plus enclins à vous suivre sur des projets de grande envergure. La recherche d’un cautionnement important devient alors moins une transaction qu’une démarche stratégique de validation de votre entreprise.

Partenariat Public-Privé ou Gérance de construction : quel mode minimise vos risques ?

Le choix du mode de réalisation d’un projet d’infrastructure n’est pas neutre; il dicte la répartition des risques, la nature de la relation avec le client public et les barrières à l’entrée pour votre entreprise. Comprendre les différences fondamentales entre un Partenariat Public-Privé (PPP) et un contrat en gérance de construction est essentiel pour positionner stratégiquement votre PME. Chacun de ces modes contractuels implique une philosophie de gestion du risque radicalement différente, avec des conséquences directes sur votre rentabilité et votre exposition.

Le PPP est souvent perçu comme le modèle du transfert de risque maximal vers le secteur privé. Le partenaire privé assume la conception, la construction, le financement, et parfois l’entretien, en échange de paiements sur le long terme. Cette structure exige une capacité financière et un cautionnement colossaux, ce qui en fait un terrain de jeu quasi exclusif pour les grands consortiums. La rigidité du contrat rend également les changements en cours de projet complexes et coûteux. Pour une PME, s’intégrer dans un PPP se fait quasi exclusivement en tant que sous-traitant d’un acteur majeur.

À l’opposé, la gérance de construction propose une approche plus collaborative. L’entrepreneur agit comme gérant pour le compte du donneur d’ordre, supervisant les travaux qui sont réalisés par des entrepreneurs spécialisés. Le risque est davantage partagé et la flexibilité est plus grande, permettant des ajustements au fur et à mesure de l’avancement. Ce mode est souvent plus accessible aux PME, car il peut être découpé en phases et nécessite des garanties financières moins prohibitives. Il favorise une relation de confiance et de partenariat avec le client public, plutôt qu’une relation purement contractuelle et parfois conflictuelle.

Le tableau suivant, basé sur les pratiques de donneurs d’ordre comme la SQI, synthétise les différences clés pour vous aider à évaluer quel mode de réalisation est le plus adapté à votre profil de risque et à vos capacités.

Comparaison des modes contractuels PPP vs Gérance
Critère PPP Gérance de construction
Transfert de risque Maximum au privé Partagé avec le public
Flexibilité des changements Limitée (contrat long terme) Élevée (ajustements possibles)
Barrière à l’entrée PME Élevée (cautionnement important) Modérée (phases progressives)
Relation client Contractuelle stricte Collaborative continue

L’erreur de documentation de chantier qui vous empêche de vous faire payer vos extras

Dans l’univers des contrats publics, une vérité règne en maître : ce qui n’est pas documenté n’existe pas. L’erreur la plus coûteuse pour un entrepreneur n’est souvent pas technique, mais administrative. Omettre de suivre à la lettre la procédure de réclamation pour des travaux supplémentaires (les « extras ») est le moyen le plus sûr de ne jamais être payé pour ceux-ci, même si le travail a été réalisé et était nécessaire. Les donneurs d’ordre publics, et les tribunaux à leur suite, appliquent une tolérance zéro pour les manquements procéduraux. La traçabilité contractuelle n’est pas de la bureaucratie, c’est votre seule protection.

L’affaire opposant Construction Ric au MTQ est un cas d’école tragique. L’entreprise réclamait plus de 1,8 million de dollars pour des travaux supplémentaires liés à un début de chantier anticipé et des conditions difficiles. Malgré la réalité des travaux effectués, la Cour a rejeté la demande en bloc. Le motif ? Le non-respect de la procédure de réclamation stricte définie dans les documents d’appel d’offres. Cette décision rappelle durement que la validité d’une réclamation repose moins sur le bien-fondé du travail que sur la rigueur de sa documentation en temps réel.

Système de documentation numérique sur chantier de construction avec géolocalisation

L’utilisation d’outils numériques modernes est devenue indispensable pour assurer cette traçabilité. Un système de documentation géolocalisé et horodaté permet de créer des preuves irréfutables des conditions rencontrées, des communications échangées et des directives reçues. Chaque événement imprévu doit déclencher un processus de documentation immédiat, conformément aux délais spécifiés dans le Cahier des charges et devis généraux (CCDG). Penser que l’on pourra « régler ça à la fin » avec le surveillant de chantier est une erreur qui se chiffre en millions.

Votre plan d’action pour une traçabilité contractuelle infaillible

  1. Points de contact et délais : Identifiez et affichez dans le bureau de chantier la procédure exacte de notification (à qui, comment, sous quel délai) pour tout événement pouvant mener à une réclamation, tel que stipulé dans le CCDG.
  2. Collecte des preuves : Mettez en place un système de journal de chantier numérique quotidien (photos, vidéos, notes, relevés météo) pour documenter systématiquement les conditions, les retards ou les directives verbales.
  3. Confrontation à la procédure : Chaque semaine, un responsable doit auditer les événements de la semaine et s’assurer que chaque anomalie a fait l’objet d’un avis écrit officiel, transmis selon la procédure contractuelle.
  4. Formalisation des réclamations : Ne laissez aucune réclamation en suspens. Chaque avis doit être suivi d’une réclamation formelle et chiffrée, transmise au ministre dans le délai de 120 jours suivant l’estimation finale, comme l’exige la loi.
  5. Archivage centralisé : Assurez-vous que toutes les preuves et communications sont centralisées sur un serveur sécurisé, prêtes à être utilisées pour monter un dossier de réclamation solide et incontestable.

Quand planifier vos besoins en main-d’œuvre pour éviter la pénurie en plein été ?

Remporter un grand contrat d’infrastructure est une chose; le livrer en est une autre. Le risque le plus critique qui pèse sur les chantiers québécois est sans conteste la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, particulièrement durant la haute saison estivale. Une planification déficiente de vos besoins en personnel peut entraîner des retards en cascade, des pénalités contractuelles et une perte de crédibilité majeure. La gestion du risque opérationnel lié aux ressources humaines doit donc commencer bien avant le premier coup de pelle.

L’ampleur du défi est colossale. Selon les dernières prévisions, l’industrie de la construction au Québec aura besoin d’environ 16 000 nouvelles personnes par année jusqu’en 2029 pour répondre à la demande. Le secteur du génie civil et de la voirie est particulièrement sous pression, alimenté par les grands projets énergétiques et les travaux d’infrastructure massifs. Attendre le mois de mai pour chercher des travailleurs qualifiés, c’est garantir l’échec. La planification doit être une démarche proactive, intégrant les nouvelles réalités réglementaires et les mécanismes d’accès à l’industrie.

Heureusement, des mesures récentes visent à assouplir le marché du travail. La loi modernisant l’industrie de la construction, par exemple, a introduit une quarantaine de mesures pour accroître la polyvalence des métiers, favoriser la mobilité des travailleurs entre les régions et rendre les chantiers plus inclusifs. Une de ces mesures clés est l’assouplissement des règles d’accès aux bassins de main-d’œuvre. Désormais, l’industrie peut s’ouvrir à de nouveaux travailleurs (issus de la diversité ou de programmes de formation) dès que l’état d’un bassin de métier tombe à 30% de disponibilité ou moins. Pour un entrepreneur, cela signifie qu’il faut surveiller activement l’état des bassins de la CCQ et planifier ses embauches pour coïncider avec ces périodes d’ouverture. Il faut anticiper les besoins pour les corps de métier les plus en demande (opérateurs de pelles, charpentiers-menuisiers, etc.) et déclencher les processus de recrutement des mois à l’avance. L’intégration de travailleurs issus de la diversité ou de la formation continue n’est plus seulement une question de responsabilité sociale, c’est une stratégie de survie opérationnelle.

Pourquoi le transfert de risque de construction au privé coûte-t-il si cher ?

Le principe du cautionnement dans un contrat public est simple en théorie : c’est une police d’assurance pour le donneur d’ordre, garantissant que le projet sera achevé même si l’entrepreneur fait défaut. Cependant, le coût de cette « assurance » est directement proportionnel au risque perçu par la compagnie de caution. Plus le contrat est risqué, plus la prime est élevée. Ce coût, initialement supporté par l’entrepreneur, est inévitablement refacté au client public à travers le prix de la soumission. Le transfert de risque a donc un prix, et celui-ci est déterminé par la clarté du contrat et la rigueur de sa gestion par toutes les parties.

L’obligation de fournir un cautionnement de soumission est d’ailleurs réglementée, s’appliquant pour les contrats de construction de 500 000 $ et plus. Pour l’entrepreneur, le coût de ce cautionnement dépend de la perception de risque de son propre dossier, mais aussi du risque inhérent au projet lui-même. Des devis ambigus, un échéancier irréaliste ou un historique de litiges avec le donneur d’ordre sont autant de drapeaux rouges pour une compagnie de caution, qui augmentera ses primes en conséquence.

De plus, la crédibilité du mécanisme de cautionnement repose sur son application rigoureuse. L’Autorité des marchés publics (AMP) veille au grain et n’hésite pas à critiquer les organismes publics qui ne gèrent pas adéquatement ce risque. Dans une décision concernant le ministère des Transports, l’AMP a livré une critique cinglante :

Le MTQ n’a pas respecté l’intégrité du processus d’appel d’offres et n’a pas assuré une bonne gestion des deniers publics en ne faisant pas valoir ses droits auprès de la caution. L’AMP conclut que les conditions énoncées aux DAO permettaient au MTQ de se prévaloir du cautionnement.

– Autorité des marchés publics, Recommandations au ministère des Transports du Québec

Cette déclaration est fondamentale. Elle montre que la pression pour une saine gestion du risque s’applique aussi au donneur d’ordre. Un client public qui gère mal ses contrats, qui n’active pas les garanties quand il le devrait, crée une incertitude qui fait grimper le coût du risque pour tout le monde. Pour l’entrepreneur, soumissionner sur un projet mené par un donneur d’ordre rigoureux et prévisible peut, paradoxalement, mener à un coût de cautionnement plus faible, car l’environnement est perçu comme moins risqué par les assureurs.

L’erreur administrative dans votre programme de prévention qui vous vaut un constat d’infraction

La sécurité sur un chantier n’est pas négociable, et la CNESST dispose de pouvoirs étendus pour s’en assurer. Pour un entrepreneur, le risque de conformité en matière de santé et sécurité au travail (SST) est l’un des plus pernicieux. Il ne s’agit pas seulement d’éviter des accidents, mais aussi de se prémunir contre des constats d’infraction pour des manquements purement administratifs. L’erreur la plus fréquente n’est pas l’absence d’un programme de prévention, mais un programme qui est déconnecté de la réalité du chantier.

Les inspecteurs de la CNESST ont un mandat clair : vérifier la cohérence entre ce qui est écrit dans votre programme de prévention et ce qu’ils observent sur le terrain. L’erreur classique est d’utiliser un programme générique, un document-type qui décrit des procédures standards mais qui n’est pas spécifiquement adapté aux risques uniques du chantier en cours. Un programme de prévention pour un viaduc ne peut pas être le même que pour un tunnel. Il doit être un document vivant, mis à jour annuellement et spécifique à chaque projet. Présenter un programme générique est le chemin le plus court vers un constat d’infraction.

Une autre faille courante réside dans la documentation des formations. Les « tool-box meetings » de 15 minutes avant une opération critique sont excellents, mais ils n’ont aucune valeur légale si vous ne pouvez pas prouver qu’ils ont eu lieu. Chaque formation, même la plus courte, doit être documentée avec la date, le sujet, et surtout, les signatures des travailleurs présents. Sans cette preuve matérielle, en cas d’inspection ou d’accident, votre formation est réputée ne jamais avoir eu lieu. Enfin, la responsabilité s’étend à vos partenaires. Avant même qu’un sous-traitant ne commence ses travaux, vous devez obtenir, valider et conserver une copie de son propre programme de prévention. En tant qu’entrepreneur général, vous êtes ultimement responsable de tout ce qui se passe sur votre chantier.

À retenir

  • La victoire dans les appels d’offres complexes au Québec se joue désormais sur la proposition de valeur technique et la maîtrise du risque, non plus sur le plus bas prix.
  • Une documentation de chantier rigoureuse et conforme aux procédures contractuelles (CCDG) est votre seule protection pour vous faire payer les travaux supplémentaires.
  • La robustesse financière, prouvée par un cautionnement solide, est perçue par les donneurs d’ordre comme la garantie ultime de votre capacité à livrer le projet.

Pourquoi le Québec est-il plus rentable que l’Ontario pour votre prochaine usine manufacturière ?

Au-delà des contrats de construction directs, la stratégie de croissance d’une entreprise peut impliquer l’implantation de nouvelles installations, comme une usine de préfabrication ou un atelier d’assemblage. Dans ce contexte, le choix de la localisation devient une décision économique fondamentale qui impactera la rentabilité sur des décennies. En comparant le Québec et l’Ontario, un facteur se détache comme un avantage compétitif majeur pour la Belle Province : le coût de l’énergie.

Pour toute opération manufacturière énergivore, le coût de l’électricité est une composante majeure des dépenses d’exploitation. C’est sur ce point que le Québec offre un avantage structurel quasi imbattable en Amérique du Nord. La stabilité et le faible coût de l’hydroélectricité québécoise représentent un puissant levier de rentabilité. Cet avantage est particulièrement frappant lorsqu’on le compare au marché ontarien, où les coûts énergétiques sont notoirement plus élevés et plus volatils.

L’écart de coût n’est pas marginal. Selon de nombreuses analyses sectorielles, le Tarif L d’Hydro-Québec, destiné aux grandes entreprises, est significativement inférieur à la structure tarifaire ontarienne, qui inclut les complexes et souvent onéreux « Global Adjustment Fees ». Pour une usine, cette différence peut se traduire par des centaines de milliers, voire des millions de dollars d’économies annuelles. Cet avantage financier durable permet non seulement d’améliorer les marges, mais aussi de réinvestir dans l’automatisation, la recherche et le développement, renforçant ainsi la compétitivité à long terme. Choisir le Québec, c’est donc intégrer une maîtrise du risque financier lié à la volatilité énergétique directement dans son modèle d’affaires.

Il est temps de passer d’une approche réactive, centrée sur le prix, à une stratégie proactive de maîtrise du risque pour sécuriser votre place dans les grands chantiers qui façonneront l’avenir du Québec. Évaluez dès maintenant comment intégrer ces principes dans votre prochain processus de soumission.

Rédigé par Sophie Larochelle, CPA et consultante en stratégie de financement d'entreprise et fiscalité R&D. Elle possède 15 ans d'expertise dans la structuration de montages financiers complexes incluant RS&DE, subventions d'Investissement Québec et capital de risque.